LETTRE OUVERTE au Maire d’Angers à l’occasion de la Journée Mondiale de lutte contre le SIDA

Angers, le 1 décembre 2016.

LETTRE OUVERTE AU MAIRE D’ANGERS
A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE SIDA

Censure des affiches anti-VIH à Angers : vos arguments de défense ne calment pas notre colère !

Nous avons dénoncé avec force votre décision de censurer ces affiches car nous désapprouvons cette décision tant sur la forme que sur le fond. Et la ligne de défense que vous avez présentée à la presse mercredi 23 novembre, en conseil municipal le 28 novembre puis dans le dernier numéro du bulletin municipal en vous faisant passer pour une victime, n’est en aucun cas acceptable. En ce jour particulier pour la lutte contre le SIDA dans le monde, nous tenions à vous répondre.

30 000 personnes vivent avec le SIDA sans le savoir, il y a 7000 nouveaux cas de SIDA chaque année, donc il s’agit d’un véritable fléau qui est un enjeu de santé publique.

Vous avez décidé de censurer une campagne de prévention du Ministère de la Santé. Nous disons « CENSURE » car demander expressément à la société JC Decaux, qui est liée par contrat avec la ville et doit obtempérer, de retirer les affiches à proximité des écoles ET, vous l’oubliez sciemment, sur les trajets des bus scolaires, c’est une manière bien peu courageuse de dire « toute la ville » et donc il s’agit bien là d’une censure.

Cette campagne représente des couples d’hommes qui s’enlacent sobrement. Les messages figurant sur les affiches signifiant très précisément qu’il suffit d’une fois, d’un soir ou d’un partenaire pour être contaminé par le VIH. Selon vous et selon vos adjoints les plus réactionnaires, cela pouvait choquer l’âme sensible des enfants. L’argument de dire que cette campagne est « inappropriée » à l’espace public est un argument qui n’est pas recevable.

C’est irresponsable de penser que ces affiches n’avaient leur place que « dans les magazines pour adultes » selon vos propres mots ! C’est une méconnaissance incroyable des enjeux de santé publique et de la prévention. La cible de cette campagne grand public – les homosexuels – est précisément la population la plus à risque et la plus exposée à la recrudescence des contaminations au VIH. Plus de 50% des nouvelles contaminations concernent des hommes homosexuels.

Nous soutenons à ce titre l’initiative de la Ministre de la Santé de saisir la justice, afin de ne pas laisser sans suite ces décisions prises par une petite dizaine de maires sur les 130 villes concernées par cette campagne et dont vous faites malheureusement partie. Vous abriter derrière l’argument de ne pas avoir pris d’arrêté ne vous exonère pas de compte à rendre à ceux que vous avez blessés.

Ce qui nous attriste le plus, c’est encore une fois l’image désastreuse que vous avez donné de notre territoire. Cela décime tous les efforts menés collectivement par les forces vives, les habitants et l’ensemble des acteurs qui se battent pour l’attractivité d’Angers.

Il est purement ridicule de vous faire passer pour la victime d’une tempête médiatique ! C’est vous M. Béchu qui avez rendu public lundi 21 novembre à 7h54 votre courrier à JC Decaux. C’est donc bien que vous aviez l’intention de faire parler de vous avant la fin de cette campagne qui se terminait le 23…

Suite à notre désapprobation publique, vous nous attaquez en tant qu’opposition en parlant de « jeu politique ». Monsieur le Maire, il ne s’agissait en aucun cas d’un jeu mais au contraire d’une responsabilité. Celle de dénoncer une décision qui est aux antipodes de notre vision de la santé publique et de ce qu’est la ville d’Angers.

Nous nous trouverons sur votre chemin à chaque fois que nos valeurs seront attaquées et à chaque fois que l’image de notre ville sera dégradée par votre majorité.

Frédéric BÉATSE, Rose-Marie VÉRON, Gilles MAHÉ, Fatimata AMY, Antony TAILLEFAIT, Silvia CAMARA-TOMBINI, Alain PAGANO, Chadia ARAB, Luc BELOT, Estelle LEMOINE-MAULNY, Laure REVEAU, Vincent DULONG

Conseillères municipales et conseillers municipaux du groupe d’opposition Aimer Angers

 

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