Bruno Goua | Vélos : l’éclairage, le beurre et l’argent d’Uber

Lors du Conseil municipal du lundi 28 janvier 2019, nous avons pris la décision de quitter l’hémicycle lors du débat sur le schéma directeur des paysages angevins pour protester contre la déformation et la manipulation de nos propos et le refus du Maire de nous redonner la parole.

Pourtant nous avions préparé de nombreuses interventions sur différents dossiers à l’ordre du jour pour faire valoir notre position :

Dossier n°29

« J’ai pris connaissance de ces conventions, un catalogue de bonnes pratiques et de bonnes intentions, que ne pourraient pas renier Patrick BRUEL, Enrico MACIAS et Miss France réunis.

Une des 15 mesures-clés de la prochaine Loi sur les Orientations Mobilités (LOM) aura d’ailleurs pour but de donner un cadre juridique à ces chartes de bonnes pratiques pour les solutions en libre-service.

Je profite de cette délibération pour aborder 2 autres thèmes en lien direct avec la pratique du vélo et le partage de l’espace public :

On trouve dans ces conventions, dans l’article 3 qui fixe les caractéristiques des vélos et leurs obligations, un point sur l’éclairage 

Éclairage : feu de position avant jaune ou blanc et feu de position arrière rouge, obligatoires la nuit et les jours où la visibilité est insuffisante

Je crois que tout le monde fera le même constat : beaucoup de cyclistes (au moins 1 sur 2 d’après mes observations) roulent en ville sans éclairage, ce qui représente un danger, d’abord pour eux, mais aussi pour les autres usagers. Le risque est particulièrement important en cette saison où les jours sont courts. Des agglomérations ont mis en place depuis plusieurs années des opérations de sensibilisation à l’éclairage, avec distribution de catadioptres, brassards fluos, gilets… Pourquoi ne pas mettre en place des opérations de ce type ?

Je vous laisse le choix de la couleur du gilet…

Le soir, à l’heure du repas, Boulevard FOCH, on peut observer un ballet étonnant : celui des livreurs de nourriture à vélo, cyclistes harnachés d’un énorme sac à dos aux couleurs et au nom de leur employeur, ou plutôt de leur exploitant, ou leur exploiteur.

Parmi ces livreurs se trouvent des étudiants mais aussi des personnes éloignées de l’emploi qui viennent chercher une rémunération ou un complément de rémunération, même aléatoire. Ces livreurs attendent sur les trottoirs, à la porte ou à proximité des restaurants, qu’on leur confie une course à effectuer. Ces travailleurs, sous le statut d’auto-entrepreneur, prennent tous les risques et tous les trottoirs. Parmi eux, contre toute légalité, se trouvent des mineurs, des personnes à qui des comptes sont sous-loués et qui gagnent parfois moins de 5 Euros de l’heure tout en mettant leur vie en danger. Envisagez-vous d’agir, pouvez-vous agir pour freiner ou cesser le développement et l’avidité de ces exploitants qui veulent le beurre et l’argent d’UBER ?

Je vous remercie de m’avoir écouté. »