Instrumentalisation des conseils de quartier : une honte !

Nous avons découvert que les conseils de quartier étaient utilisés par la majorité comme un lieu pour faire de la propagande. Même si les élu-e-s n’y siègent pas, la majorité municipale a choisi d’influencer ses membres à travers les informations qui leurs sont transmises sans aucun contrôle.

En effet, dans un document censé présenter le budget 2019 de la ville, l’une des pages est consacrée à la situation financière du début de mandat : loin d’être de l’information objective, il y est littéralement fait un procès d’intention à l’encontre de l’ancienne majorité.

Des éléments qui détournent la vérité

La situation financière de 2014 y est qualifiée d’ « inquiétante », ce qui serait confirmé par l’audit réalisé en début de mandat… Et pourtant, ce terme n’est à aucun moment utilisé dans l’audit de KPMG. Bien au contraire, la situation financière y est qualifiée de « saine », ou encore de « bonne ». Les points retenus par la majorité sont soient faux soit trop vagues pour dépeindre réellement la situation financière de la ville en 2014. Elle omet sciemment les nombreux points positifs relevés par l’auditeur tels que :
– un niveau de capacité d’autofinancement brut « nettement supérieur à la moyenne des grandes villes de l’ouest »
– « Angers se singularise par une capacité à investir plus importante que les autres villes car le niveau des charges financières reste très faible, permettant ainsi d’assurer une capacité d’autofinancement nette très supérieure à la moyenne »
– « Ce faible niveau d’endettement se traduit par une capacité de désendettement très inférieure aux autres communes »
– « L’analyse des dépenses d’investissement par habitant de la Ville d’Angers révèle une politique ambitieuse »
– « Un niveau de recettes de fonctionnement relativement élevé »

Des engagements non tenus par le maire

Seule la trajectoire financière y est considérée « peu vertueuse », c’est-à-dire que les mêmes stratégies financières ne pouvaient pas être appliquées à un nouveau mandat. C’est ce que les deux candidats au second tour des dernières municipales (dont le maire actuel) s’étaient engagés à faire, en réduisant le niveau d’investissement à 50 millions en moyenne sur le mandat actuel.

Et pourtant, on constate aujourd’hui que le niveau annuel moyen d’investissement dépasse les 67 millions et que la dette a doublé !

Une majorité en campagne durant les conseils de quartier

Une collectivité territoriale se doit une certaine objectivité dans la présentation de son action, soumise à des règles strictes pour permettre le débat contradictoire. Or, dans le document présenté aux conseils de quartier, il est clairement insinué que la ville était mal gérée par le passé, et que la nouvelle équipe a redressé la situation. Au-delà du fait que ce soit faux, ce débat, qui frise la diffamation, n’a en aucun cas sa place au sein des conseils de quartier. Ce ne sont pas les candidats politiques qui doivent s’exprimer au travers des documents présentés, mais bien les représentants de l’ensemble des Angevin-e-s. Il est totalement irrespectueux de faire campagne de la sorte au sein cet organe de démocratie participative.

Nous allons demander au maire, l’arrêt immédiat de cette pratique, un droit de réponse à l’attention des membres de chaque conseil de quartier et la copie de l’ensemble des documents présentés ou transmis aux membres des conseils de quartier sur toute la durée du mandat. Nous serons extrêmement vigilants à ce que les instances de démocratie participative ne soient pas détournées par la majorité municipale pour de la propagande électorale et des tribunes politiques.

Les élu-e-s du groupe Aimer Angers
Frédéric BÉATSE, Rose-Marie VÉRON, Gilles MAHÉ, Antony TAILLEFAIT, Silvia CAMARA-TOMBINI, Alain PAGANO, Chadia ARAB, Estelle LEMOINE-MAULNY, Vincent DULONG, Bruno GOUA, Rachel CAPRON, Jean-Marc CHIRON

 

Retrouvez l’intervention de Frédéric Béatse au conseil municipal du 25 mars à ce sujet :