• Aimer Angers

Moyens de protection de la police municipale

Dernière mise à jour : 18 juil.

La sécurité cristallise, met en tension et sous pression. J’ai apprécié le climat dans lequel nos échanges en commission ont pu s’effectuer. J’ai, comme vous, pu voir récemment cette tension, appréhendé la colère portée par les angevines et les angevins qui souffrent de la montée de la délinquance et de la violence au quotidien.


J’ai également pu vous entendre Madame l’adjointe sur votre besoin de sécuriser vos équipes et vos effectifs lorsqu’ils doivent effectuer leur mission de nuit. Nous leur adressons notre soutien eux qui sont trop souvent la cible de violences. Car nous savons la réalité du terrain, nous savons les situations anxiogènes auxquelles nos agents sont confrontés.


Cependant, il est question ici, selon nous de glissement de mission de fonctionnaires municipaux vers des rôles et des missions de maintien de l’ordre, compétences qui relèvent de l’Etat via la police nationale, et non de tranquillité publique.


L’équilibre entre le maintien de la sécurité et la tranquillité publique est délicat, fragile et mis à mal de manière récurrente ces dernières années. Le sentiment d’insécurité fait l’objet de nombreuses remontées de la part des angevines et des angevins.


Et pour autant, malgré ce glissement, malgré les moyens complémentaires donnés à la police municipale, on constate que le sentiment d’insécurité augmente et fait l’objet de nombreuses remontées de la part des angevines et des angevins.


Quand on parle d’insécurité, il est difficile de s’appuyer sur une réalité chiffrée que ce soit sur le territoire angevin ou plus globalement sur notre territoire national. Peut-être serait-il opportun de se saisir de ce moment pour établir des études : ainsi nous vous proposons de vous saisir de cette question via notre agence urbaine, en croisant notamment les faits de dégradations de biens privés, de biens publics, les faits de délinquance, le sentiment des habitants, le nombre d’interventions des polices, …


Au-delà du manque de cette analyse concrète, nous nous interrogeons : doit-on s’armer pour mieux sécuriser ? Jusqu’où irons-nous dans l’armement de nos fonctionnaires face à la montée de la violence et des incivilités ?


Quelles peuvent être les autres réponses à apporter ? Ces questionnements s’adressent à nous élus mais également à l’ensemble de nos concitoyens. Cette thématique doit être investie par toutes et tous et ne doit pas reposer uniquement sur les polices.


Il est essentiel pour nous de réinvestir massivement le champ de la prévention, que ce ne soit pas uniquement porté par la police (qu’elle soit municipale ou nationale), mais bien par l’ensemble des forces locales pour contribuer à construire une réponse crédible face à l’insécurité.


La sécurité et la tranquillité sont l’affaire de toutes et tous, les citoyens, les associations de proximité, l’ensemble des institutions doivent s’y impliquer. La présence humaine de l’ensemble des personnes citées est selon nous un des éléments qui peuvent apporter un changement de cette situation. Des diagnostics et/ou des échanges réguliers auprès des conseils de quartier, des associations d’habitants et autres collectifs citoyens peuvent également être engagés afin de créer un véritable partenariat pour résoudre des situations anxiogènes.


A nous élus de donner les clés pour responsabiliser, outiller, apporter plus de moyens humains et financiers auprès des acteurs du quotidien de proximité, je pense ici aux associations (maisons de quartier en premier lieu mais également à toutes les associations qui œuvrent pour la préservation du lien social) de nos quartiers pour garantir et créer une continuité de tranquillité dans les espaces et les lieux publics de notre ville. Des coordinateurs de prévention, des ilotiers peuvent être une charnière entre les habitants et les institutions et permettre de recréer du lien, de la médiation dans nos quartiers. La parentalité doit être massivement réinvestie, les liens entre les services d’ordre et les lieux éducatifs comme les écoles doivent être augmentées en créant des espaces de partenariat.


Nous souhaitons aussi rappeler la nécessité d’obtenir de l’état plus de moyens humains et financiers pour la police nationale : je rappelle qu’en février un syndicat de policier a demandé le classement de la Roseraie en Quartier de Reconquête républicaine : est-ce normal qu’aujourd’hui nous n’ayons la nuit sur le territoire qu’une patrouille de 3 policiers nationaux pour 250 000 habitants ? Non, et c’est bien là que nous, élus nous devons nous battre !


Nous voterons ce soir contre votre volonté d’armer la police municipale, convaincus que l’on sort des prérogatives d’une police municipale. Nous considérons que nous ne pouvons pas voter pour l’augmentation des moyens de sécurité, si nous n’augmentons pas les moyens octroyés à la prévention de proximité. Nous le rappelons encore une fois ici, nous sommes comme vous préoccupés par l’insécurité subie par les équipes de police municipale, mais les moyens alloués pour répondre à cette insécurité nous paraissent en deçà, voir dérisoire des réponses que nous pouvons apporter.


Retrouvez son intervention en vidéo ici


- Marielle HAMARD -

Conseil municipal du 25 septembre 2021

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