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Nouvelle offre de transport collectif sur Angers Loire Métropole

Délibération :

Délibération - nouvelle offre de transport collectif
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Annexe :

DEL 2 [1]-Assises de la transition écologique - Transports Urbains - Réseau de transport c
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Intervention de Bruno GOUA lors du conseil d'agglomération de novembre 2022 :


Les questions posées ici sont les suivantes : Pourquoi et comment choisit-on son mode de transport ? Comment la collectivité peut-elle influer sur ces choix. Et pourquoi elle doit le faire.


Pourquoi la collectivité doit-elle influer sur les comportements individuels ?


Parce qu’il y a aujourd’hui une urgence climatique et sanitaire, parce que notre territoire connait des déplacements compliqués par la saturation de son réseau.


Les comportements individuels ont des conséquences sur le reste de la société. Notre responsabilité est de chercher à réduire les comportements ayant des conséquences négatives pour la collectivité et de favoriser ceux dont l’impact est positif. Je parle ici des conséquences écologiques et sociales, de la qualité de l’air et du temps perdu.


Nos choix ont des conséquences sur le présent mais aussi sur les générations futures.


Comment choisit-on son mode de transport ?


La première réponse est simple, c’est la réponse de l’économie ; c’est une combinaison de prix et de temps de déplacement, la combinaison du moyen de transport le moins cher et le plus rapide. On utilise d’abord le transport le plus rapide, parce que le transport c’est d’abord un déplacement entre 2 activités, entre le domicile et le travail, vers les loisirs, les activités quotidiennes.


Mais il y a d’autres facteurs qui entrent en cause, qui touchent à la psychologie et à la sociologie.


La voiture est parfois perçue comme un univers protégé, c’est un habitacle dans lequel il y a un contrôle d’accès, une intimité. On connait tous des personnes qui nous disent « Moi je suis bien dans ma voiture, je mets ma musique, je suis tranquille, ce n’est pas grave si je mets un peu plus de temps, ça me permet de décompresser quand je rentre du travail »

Des motifs sociologiques peuvent influer sur les déplacements, des évolutions technologiques, qui peuvent changer le statut du déplacement qui n’est plus un simple temps mort entre 2 activités, mais un moment d’activité physique si on se déplace à pieds ou à vélo, ou un lieu d’activité si on utilise les nouveaux moyens de communication dans les transports en commun.


Comment influe-t-on sur les déplacements, avec un but bien identifié, réduire l’autosolisme ?


Convaincre les gens de passer au vélo, c’est facile : car le cycliste reste dans un mode individuel ou familial qui va tout de suite lui apporter des bénéfices : des bénéfices économiques, de santé, de temps de déplacements. Augmenter le nombre de cyclistes ne nécessite qu’une volonté politique, celle de faire des aménagements et des parkings sécurisés. C’est-à-dire éviter ce que l’on a fait le long de la seconde ligne de tram, où le médiocre le dispute au passable. Ou comme cœur de Maine, totalement illisible.


Les changements de mentalités et les progrès techniques ont plus fait pour l’augmentation de la part modale du vélo sur notre territoire que les infrastructures. Mais plutôt que regarder la part modale, nous devons avoir un seul objectif : permettre à un cycliste de circuler en sécurité, permettre à un enfant d’aller à vélo chez ses copains. Nous en sommes bien loin.


Plus difficile est le report vers les TC, mode de déplacement collectif, qui fait se confronter aux autres. Il y a de nombreux freins à ce changement de mode de transport. Le saut dans l’inconnu, le confort, la proximité, les horaires contraints.


Qu’est-ce qui peut convaincre les gens d’ utiliser les TC ? En dehors des contraintes économiques que peuvent représenter le prix du carburant et la baisse du pouvoir d’achat, qui ne sont pas déterminantes puisque la fréquentation des TC n’est toujours pas revenue à son niveau d’avant COVID dans un contexte économique pourtant favorable à leur utilisation.


La réponse c’est la qualité de l’offre bien sûr, sa fréquence, son confort, l’élargissement des créneaux horaires. 1 personne qui met 20 minutes en voiture aura du mal à passer aux TC si le temps de trajet est de 45 mns, c’est le rapport temps coût qui emportera la décision. D’où la nécessité de mailler le territoire par des lignes directes en busway.


Mais il ne faut pas négliger le saut dans l’inconnu que peut parfois représenter le changement de mode de déplacement, qui est une routine. « Le bus c’est vraiment quelque chose que je ne connais pas, je ne sais pas le prendre, je ne connais pas les lignes, ça me fait un peu peur… j’ai peur de me planter ».


C’est quelque chose que l’on entend et qu’il faut accompagner, peut-être par des journées événements/portes ouvertes encadrées par des ambassadeurs qui guideraient les nouveaux utilisateurs, par la mise en place de la gratuité pendant les grands événements commerciaux, culturels, sportifs,… qui peut permettre à des néophytes de découvrir le réseau. Pourquoi ne pas commencer dès les fêtes de fin d’année qui approchent ?


Proposition que je remets sur la table, la création d’une police métropolitaine des transports qui jouerait un rôle de proximité et d’apaisement.


Un mot sur l’intermodalité qui peut être favorisée par le développement de parkings relais, l’embarquement des vélos dans les transports en commun, une tarification et billetterie unique pour différents modes de transports, par des pôles d’échanges multimodaux.


Bien sûr, il est illusoire de prétendre pouvoir arriver à une offre attractive de TC sur tout le territoire sans se cogner rapidement au mur de la réalité économique. Pour les parcours mal ou non couverts par les TC, la solution est le covoiturage et l’autopartage, sur lequel il existe une forte marge de progression. Lorsque j’ai parlé de covoiturage dans mon entreprise, personne n’avait entendu parler de Klaxit et de l’accompagnement effectué par l’agglo.


Il y a une évangélisation à faire auprès des entreprises, de la communication et de l’information à faire passer. Faut-il aussi réfléchir à des voies qui ne seraient autorisées qu’aux véhicules ayant à leur bord plus d’une personne ?


Une voiture, c’est en moyenne aujourd’hui plus d’1 tonne et 10m2 d’espace public, c’est beaucoup pour déplacer une seule personne. Pour certains l’usage de la voiture est la seule possibilité, quand il faut amener un enfant chez la nourrice avec toutes ses affaires, un autre à l’école, se rendre au travail, quand on travaille en horaires décalés, …


En revanche, pour TOUS les autres, tout doit être fait pour que les déplacements d’une seule personne dans une voiture soient le moins nombreux possibles, pour que le territoire puisse respirer de nouveau, au sens propre comme au sens figuré.


Convaincre, Cajoler et contraindre si nécessaire.


Retrouvez son intervention en vidéo ici

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