• Aimer Angers

Parc d'activités Angers/Sainte-Gemmes-sur-Loire - Extension de la zone d'activités de Bernay

J’en conviens, il n’y a pas si longtemps, la vie en matière d’urbanisme était beaucoup plus simple. Un artisan, une entreprise qui voulait s’agrandir et aussitôt le champ d’à-côté faisait l’affaire. Le fameux grignotage urbain. La terre était inépuisable. Les trésors qu’elle recèle sans limite. Inutile de rappeler ici les conséquences de cette illusion collective. Il nous faut maintenant apprendre à vivre avec une extrême attention en ce qui concerne la consommation de terre naturelle et forestière. La limite est dorénavant fixée par l’état qui impose l’objectif zéro artificialisation nette à l’horizon 2050. Ce faisant le SCOT 2026 que nous préparons avec cette nouvelle contrainte modifiera notre PLU et d’ailleurs si nous étions ambitieux nous pourrions déjà décider que 2050 c’est maintenant. On voit malheureusement la situation écologique se dégrader plus vite que les mesures que nous prenons pour tenter de la préserver.


Et voilà qu’à Sainte-Gemmes une ou deux entreprises manquent d’espace. Et cette délibération prévoit que malgré les avertissements nous allons choisir pour solder ce problème, la solution du passé en ponctionnant 3 hectares de terre cultivables sur les champs d’côté. Après tout 3 hectares, c’est 3 fois rien à l’échelle de notre territoire. Sauf que 3 hectares ce n’est justement pas rien quand on prend conscience que le SCOT du pôle métropolitain Loire Angers prévoit qu’ALM ne pourra pas consommer plus de 8 hectares de terre nouvelle par an pour ses activités économiques. On consomme là 40% de ce que l’on pourra artificialiser en 2022. E t il faut savoir que le compteur de consommation est déjà activé depuis juillet dernier. Alors il me semble qu’en réintégrant ces 3 hectares dans la zone Agricole préservée qui est grignotée par la zone d’activité en question, on contribuerait à renforcer le trésor de Sainte Gemmes pour que demain cette cité soit encore plus forte économiquement. En effet nous allons indubitablement investir dans la relocalisation de nos ressources alimentaires. N’oublions pas en effet que trois hectares peuvent servir 1000 assiettes scolaires par jour en produit agricoles frais et sains cultivés avec des techniques respectueuses.


En conséquence pouvons-nous profiter de ce cas précis pour initier dès maintenant le processus décisionnel qui guidera nos actes demain en ce qui concerne la consommation d’espaces naturels. Cette démarche ne sera pas facile j’en conviens, elle coutera plus cher et exigera de déployer une vraie force de persuasion. Concernant cette zone de Bernay il faudra en effet trouver la solution alternative qui permettra d’apporter une réponse satisfaisante aux entreprises qui veulent se développer, sans jamais plus céder au grignotage. Peut-être pouvons-nous envisager de recomposer cette zone afin de récupérer de l’espace. Elle semble effectivement perfectible, avec un foncier dégradé et des vastes zones de stockage apparemment peu optimisées. Peut-être pouvons-nous aussi proposer une relocalisation des entreprises qui veulent s’agrandir ou tenter de libérer de l’espace mitoyen en proposant aux voisins, avec notre soutien, une réimplantation en un lieu plus accessible aux voitures et camions, plus proche des services et des logements. Cela aurait du sens. Et il y a du potentiel autour, par exemple sur une friche à Sainte Gemmes ou au Pont de Cé, ou bien zone de la Brunellerie à Bouchemaine ou zone de l’églantier à Mûrs-Erigné.


On pressent bien qu’il y a sous-jacent un vrai défi d’arbitrage entre logements, activités économiques et même équilibrage des EPCI pour ce qui concerne la maitrise de nos espaces naturels. À tel point que nous pourrions dès maintenant envisager de mettre en place une autorité de modération de l’espace qui aurait l’indépendance et les moyens pour nous guider vers une consommation nulle, peut-être même bien avant 2050.


Vous l’avez compris, parce que les élus d’Aimer Angers veulent penser qu’il est possible de répondre différemment au besoin légitime des entreprises de la zone de Bernay de se développer, nous ne souhaitons pas apporter notre soutien à une solution d’un autre temps.

Retrouvez l'intervention en vidéo et la réponse de la majorité juste ici


- Conseil d'agglomération Novembre 2021 -

Stéphane LEFLOCH

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